MSN
Chat exclusif avec Monica Bellucci !
Par des internautes ?
MSN : Vous avez une vraie popularité sur le web, votre nom fait partie des requêtes les plus populaires sur les moteurs de recherche. Quel effet cela fait-il d’être une icône du web ?
MB : Malheureusement j’ai peu de temps pour surfer mais c’est vraiment impressionnant d’avoir une telle notoriété. Cependant ce que les gens recherchent, c’est le personnage Monica Bellucci. Je cherche absolument à faire la différence entre moi et mon image, je souhaite mettre de la distance et même de l’autodérision entre « l’icône » et moi.
MSN : Le 23 juillet sort les Larmes du Soleil, c’est votre deuxième incursion dans le cinéma hollywoodien. Quelle différence faites-vous entre le cinéma européen et le cinéma américain ?
MB : Aux EU, tout est « bigger than life », toutes les proportions sont démultipliées, c’est vraiment le pays des extrêmes. Mais vous savez devant la caméra, qu’il s’agisse d’un film d’auteur comme Irréversible ou d’un film hollywoodien, il faut chercher la vérité du personnage et le travail d’actrice est le même, la différence de moyens n’est pas un palliatif.
MSN : Dans ce film, vous interprétez un médecin humanitaire, comment avez-vous préparé votre rôle ?
MB : Comme pour chaque film, j’ai essayé de comprendre au mieux mon personnage, j’ai rencontré des gens extraordinaires de Médecins sans Frontières et un prêtre qui s’occupe de réfugiés en Afrique. Ce film fait prendre conscience de drames qui se passent près de chez nous mais dont l’écho n’est absolument pas renvoyé par les médias.
Des massacres se sont produits ou se produisent au Liberia, au Rwanda, au Congo mais personne ne s’y intéresse. Sur le plateau, certains figurants venaient de ces régions troublées et ils nous disaient combien il était important que le public prenne conscience de ces conflits oubliés. Il est important de témoigner, de transmettre le relais.
MSN : Face à vous, on retrouve Bruce Willis. Qu’est-ce que ça fait de tourner avec un des acteurs les plus populaires au monde ?
MB : J’ai beaucoup aimé travailler avec Bruce Willis, il est capable de s’engager dans des projets très différents, il remet sa carrière en jeu à chaque fois. Dans ce film, il interprète un soldat américain qui refuse d’obéir aux ordres de sa hiérarchie pour sauver des réfugiés. Ceux qui voient en Bruce Willis le symbole de l’Amérique toute puissante en seront pour leur frais ! Bruce Willis trace son chemin, un sillon qui restera dans l’histoire du cinéma, il a une vraie présence d’acteur.
MSN : Ce film s’inscrit dans la grande tradition des films hollywoodiens se déroulant en Afrique. Pourtant, cette fois-ci l’Afrique n’intervient pas seulement comme décor exotique, comme prétexte, mais aussi dans toute sa complexité, politique, sociale...
MB : Je crois que cette vision de l’Afrique est due en grande partie à Antoine Fuqua dont j’avais adoré Training Day. Le réalisateur est afro-américain et il s’intéresse énormément au continent africain. Il voulait démystifier l’image que l’on donne de l’Afrique dans le cinéma américain. Son film est parfois violent mais il relate de la vérité d’une situation qui est bien souvent occultée par les médias. Il prend partie sur le sort des réfugiés et en ce sens il est nécessaire. D’ailleurs je ne comprend pas bien les critiques qui veulent faire passer ce film pour de la propagande impérialiste américaine, au contraire il dénonce une situation, un état de fait.
Vous savez, les Américains ont une relation ambivalente avec l’Afrique, qui tient à la fois du fantasme et de la recherche des racines pour une partie de la communauté afro-américaine, et puis il ne faut pas l’oublier que l’Afrique est le berceau de l’humanité, nos racines y plongent.
MSN : En parlant de grands films hollywoodiens se passant en Afrique, on ne peut pas ne pas évoquer African Queen, Katharine Hepburn vient justement de nous quitter, c’était un modèle pour vous ?
MB : Et comment ! Quelle carrière ! Elle a vécu si longtemps... Elle restera pour toujours une source d’inspiration et vous savez je crois qu’elle vivra encore longtemps grâce à ses interprétations remarquables.
MSN : On note en ce moment une tendance à voir des actrices européennes aller tourner dans des films hollywoodiens (Franka Potente, Penelope Cruz, Asia Argento, Sophie Marceau…). Avez-vous une explication à ce phénomène ?
MB : Vous savez cela fait un moment que ça dure (rires), Gina Lollobrigida,Anna Magnani, Ingrid Bergman, et tant d’autres… L’Amérique est en permanence à la recherche de la nouveauté, mais il est important de ne pas s’y perdre et, en ce qui me concerne, j’ai vraiment besoin de pouvoir également tourner en Italie et en France, ce sont mes racines et j’y tiens. Vous voyez les « racines » on y revient toujours !
MSN : Quels sont vos projets actuellement ?
MB : Je viens de terminer les Agents Secrets il y a trois jours, je pense que je vais prendre un peu de repos. Il y a également un très beau film italien Ricordati di Me dans lequel j’ai joué qui sortira à la rentrée en France.
Retour aux Interviews| Cliquer ici pour l'article original